Le Lion de Belfort et le département du Territoire de Belfort

 

Enseignes commerciales, statues... Les Belfortains ne comptent plus les évocations et les représentations, dans leur ville, de l'animal fétiche, qui s'est taillé la part du lion.

Résultat d’une lente gestation de 1872 à 1880 et sculpté par l’Alsacien Frédéric-Auguste BARTHOLDI, le Lion de Belfort, s’il rappelle la résistance exceptionnelle de la ville au siège prussien pendant la guerre de 1870 et en est le symbole identitaire, peut nous amener plus largement à l’évocation de l’identité du département, né des suites historiques de ce même conflit.

La France entre en effet en guerre contre la Prusse le 19 juillet 1870, et, alors que les défaites se multiplient après septembre, certaines places fortes, comme Belfort, continuent à résister à l’ennemi. Le Colonel DENFERT-ROCHEREAU ainsi que le maire, Edouard MENY, rassemblent leurs efforts pour défendre la cité lors du siège prussien, qui commence début novembre 1870. Durant tout l’hiver et même après l’armistice du 28 janvier 1871, Belfort continue à résister, et ne se rend que lorsqu’une convention avec Bismarck le lui stipule. Le courage des défenseurs de Belfort et la volonté des négociateurs français (notamment Jules FAVRE aux Affaires Etrangères et Adolphe THIERS, chef du pouvoir exécutif) font que Bismarck accepte que la ville et un rayon aux alentours restent français. Une frontière se dessine ainsi entre ce territoire, issu de l’ancien département du Haut-Rhin, et l’Alsace devenue allemande.

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Après le conflit de 1870-71, les tentatives de création d’un département du Haut-Rhin avec ce qui reste d’Alsace sont caduques, la véritable préfecture du Haut-Rhin se situant, avant le conflit, à Colmar et non à Belfort –qui n’en était que sous-préfecture-. Le territoire est alors sous la responsabilité d’un administrateur faisant fonction de préfet, mais n’est pas encore un département. La situation est cependant ambiguë pour l’administrateur, que l’on ignore comment nommer et qui porte parfois, au début du XXème siècle, le même habit que les Préfets. L’hôtel de Préfecture est inauguré officiellement en 1903 mais ne change rien à la situation de l’administrateur, qui n’est toujours pas assimilé à un préfet.

Après la première guerre Mondiale, l’Alsace-Lorraine retourne à la France, et avec elle, la question du devenir de Belfort et de son territoire. On évoque à un moment donné une nouvelle configuration de l’Alsace, avec Mulhouse comme sous-préfecture et Belfort comme Préfecture du Haut-Rhin ; les divisions politiques et l’octroi d’un statut particulier à l’Alsace-Lorraine par le gouvernement ne permettent pas la réalisation de ce projet, et le territoire n’est pas rattaché à l’Alsace-Lorraine. De plus, l’ancienne partie allemande du Haut-Rhin et le Territoire –ancienne partie française- ont évolué différemment du point de vue social et économique. Des débats politiques violents ont lieu, dans les années 1920-21, à propos du rattachement du Territoire à l’Alsace en tant que sous-préfecture ou préfecture.

Le vote d’une loi en 1921 et le décret de février 1922 permettent enfin au Territoire de gagner le rang de département, avec Belfort comme préfecture. Abel MAISONOBE, administrateur depuis le 23 mai 1920, est nommé Préfet le 11 mars 1922. Il est ainsi le premier préfet du département du Territoire de Belfort.

C’est ainsi que, de l’ancienne partie du Haut-Rhin restée française après la guerre de 1870, le Territoire de Belfort est devenu un département. Celui-ci reste porteur, encore aujourd’hui, d’une symbolique historique et patriotique particulière, dont l’entretien est en partie assuré par la présence du Lion de la ville, élément particulier de l’attrait touristique du département.

A propos du Lion de Belfort et de l’histoire de Belfort et du Territoire, vous pouvez aussi consulter les sites suivants :