Plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme 2018-2020

 
 
Plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme 2018-2020

Piloté par la DILCRAH, le plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme 2018-2020 présenté par le Premier ministre Edouard Philippe le 19 mars 2018, mobilise l’ensemble des ministères pour mener quatre combats : lutter contre la haine sur internet ; éduquer contre les préjugés et les stéréotypes ; mieux accompagner les victimes et investir de nouveaux champs de mobilisation.

Pour le Gouvernement, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme est « un impératif moral et politique ». « Parce qu’on ne construit pas une société sûre, pacifique, solidaire sur la haine de l’autre. » (DP, 19/03/2018)

 Le Premier ministre a évoqué 4 combats qui structureront cette lutte au cours des prochaines années, « des combats que nous devons absolument mener. » (PM, ibid.)

1.  La lutte contre la haine sur Internet. Les contenus haineux, racistes ou antisémites « ne sont pas des opinions. Ce sont des délits. Et un délit, ça se constate et ça se punit. »

  •   La France défendra une initiative législative européenne pour construire le cadre juridique d’une responsabilité des plateformes. « On ne peut pas continuer de vivre avec un cadre juridique qui date des années 2000 [faisant] une distinction binaire entre d’un côté des éditeurs de contenus qui en sont responsables et de l’autre, des hébergeurs techniques dont la responsabilité est très limitée"
  • La législation nationale sera modifiée en exploitant toutes les marges de manœuvre qui existent, par exemple en permettant d’imposer la fermeture des comptes ayant diffusé de manière massive et répétée des contenus illicites, ou en permettant l'enquête sous pseudonyme en matière d'infractions racistes et antisémites sur Internet.

2.   L’éducation. « On le sait : la connaissance réunit. L’ignorance sépare. »

  • Une « équipe nationale d’intervention rapide » sera chargée d'apporter des réponses aux enseignants confrontés à des situations conflictuelles. « Leurs missions ? Intervenir devant les élèves dans les établissements où des difficultés sont signalées lors de certains enseignements. […] Combattre les préjugés, c’est âpre, c’est violent, [notamment] dans certaines zones où des professeurs n’osent plus parler de la Shoah devant leurs élèves.»
  • La formation de l’ensemble des personnels éducatifs à la prévention et la gestion des faits et propos à caractère raciste et antisémite sera renforcée.

3.   La protection et l’accompagnement des victimes, notamment pour les aider à porter plainte « parce que la plainte, c’est le contrepoison de l’impunité. »

  • Un réseau d’enquêteurs et de magistrats spécialement formés à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sera expérimenté à partir de septembre 2018.
  • Dans ce cadre, un nouveau modèle d’audition permettra de mieux guider la discussion et d’ainsi accorder sa juste place à la parole de la victime.
  • Un système de pré-plainte en ligne pour les infractions de nature raciste et antisémite sera expérimenté au second semestre 2018.

4.  L’extension de la mobilisation à de nouveaux champs.

  • Dans le secteur du sport, qui est « une des nouvelles frontières de la lutte contre le racisme et l’antisémitisme », des conventions seront systématiquement signées avec toutes les fédérations pour former et sensibiliser les acteurs.
  • Les réseaux territoriaux de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations seront renforcés, avec 50 plans territoriaux lancés sur trois ans.
  • Une attention particulière sera portée aux Français d’Outre-mer, et la connaissance historique de l'esclavage sera soutenue.

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