Actualités diverses

Quelles mesures de lutte contre le terrorisme en France ?

 
Quelles mesures de lutte contre le terrorisme en France ?

Dans un monde globalisé, incertain, complexe et traversé par des crises de toute nature, la France doit faire face à la menace terroriste. Afin d’agir contre cette menace et l’enrôlement djihadiste, le gouvernement a mis en place des dispositifs de lutte. Quels sont-ils ?

1) Sur Internet : un site dédié à la prévention et à la lutte antiterroriste

Stop-djihadisme.gouv.fr s’adresse au grand public, aux proches de jeunes en voie de radicalisation (professeurs, associations) ainsi qu’aux jeunes eux-mêmes. Pédagogique, il permet aux citoyens de mieux cerner les enjeux et moyens de la lutte antiterroriste et met à leur disposition des outils pratiques (infographies, vidéos de témoignages, affichettes).

2) Un dispositif intégré et déployé sur l’ensemble du territoire

Ce dispositif comporte notamment :

  • une action répressive, avec le renforcement du dispositif législatif existant. La loi du 13 novembre 2014 complète et renforce cette législation antiterroriste existante. Le nouveau texte de loi prévoit notamment, sous le contrôle du juge, l’interdiction de quitter le territoire pour les majeurs convaincus de vouloir rejoindre des groupes terroristes.
  • une action dissuasive : afin de contrarier les déplacements des individus impliqués dans des groupes terroristes, l’État a mis en place une stratégie de dissuasion consistant à :
    - expulser de France les ressortissants étrangers impliqués dans des activités terroristes,
    - priver les ressortissants français de leur passeport et pièces d'identité,
    - permettre aux parents de s’opposer à la sortie du territoire de leur enfant mineur,
    - systématiser la pratique des entretiens administratifs avec les personnes impliquées et détectées.
  • une action préventive : pour prévenir le départ de jeunes Français en Syrie ou en Irak, la France a, dès avril 2014, mis en place un plan global de lutte contre les filières terroristes et la radicalisation violente. Ce plan comprend 5 axes stratégiques complémentaires pour :
    - prévenir et empêcher les départs de majeurs et de mineurs, - démanteler les filières de recrutement agissant en France, - soutenir et orienter les familles, - communiquer, sensibiliser, former, - renforcer la coopération internationale en matière de lutte contre le terrorisme.

3) Moyens humains et matériels : "un effort massif mais indispensable"

2680 emplois supplémentaires seront consacrés à la lutte contre le terrorisme au cours des 3 prochaines années, dont 1400 au ministère de l’Intérieur, 950 au ministère de la Justice, 250 au ministère de la Défense et 80 au ministère des Finances (dont 70 pour les Douanes).
Pour les services de renseignement :

Une profonde réforme de nos services de renseignement intérieur, initiée en 2013, a été mise en œuvre. Elle a débouché sur la création par un décret du 30 avril 2014 de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), en remplacement de la DCRI : elle est dotée d’une plus grande souplesse dans la gestion des recrutements, notamment de compétences stratégiques, et d’une capacité d’action élargie pour répondre aux exigences opérationnelles (analyse thématique, contre-terrorisme, cyber-défense, investigation judiciaire, soutien technique et linguistique).

432 créations de postes ont d'ores et déjà été programmées pour la DGSI, 130 sont déjà pourvus. Dès le Conseil des ministres du 14 janvier, il a été acté que les capacités des services de renseignements seront renforcées, dans le cadre général issu de la réforme de 2014, avec la création de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et du service central du renseignement territorial (SCRT).

Parmi les 1 400 emplois nouveaux créés au ministère de l'Intérieur, 1 100 seront alloués aux services de renseignement intérieur chargés de lutter contre le terrorisme (500 à la DGSI, 500 au service central du renseignement territorial et 100 à la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris).

Ces recrutements permettront de mieux couvrir le territoire national, de densifier la collecte d'informations, de développer la capacité d'analyse et de rapprochements, de diversifier et conforter les compétences en matière de traitement de l'information et d'organiser une veille efficace des contenus illicites circulant dans la sphère numérique.

Dans les autres services du ministère de l'Intérieur concourant à la lutte contre le terrorisme, on peut noter le recrutement de 106 agents pour la Direction centrale de la police judiciaire (répartis entre la sous-direction anti-terroriste et la récente sous-direction de lutte contre la cybercriminalité qui gère la plateforme PHAROS).

Une partie des moyens sera aussi consacrée au renforcement de la protection des policiers (nationaux et municipaux) et des gendarmes : gilets pare-balles et armements plus performants.