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Discours du Préfet à l'inauguration du mémorial aux morts en Afrique du Nord- le 25-10-2015

 
Discours du Préfet à l'inauguration du mémorial aux morts en Afrique du Nord- le 25-10-2015

Pascal Joly, Préfet du Territoire de Belfort a présidé l'inauguration du mémorial départemental dédié aux morts en Afrique du Nord, le 25-10-2015.

Monsieur le député-maire
Monsieur le président du conseil départemental
Mesdames et messieurs les élus
Mesdames et messieurs

Nous sommes, aujourd’hui, réunis pour honorer notre passé et plus précisément les
combattants français, morts lors des conflits en Afrique du Nord durant la période de
1952 à 1962.

La guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de Tunisie font partie de notre
Histoire, de notre mémoire collective.
Ils constituent une trace marquante de notre passé militaire, de notre passé national.

Ces événements historiques nous obligent au recueillement, à la lucidité et au rappel
des valeurs qui fondent la République Française.

Le 5 décembre 2002,le Président de la République inaugurait Quai Branly à Paris, un
mémorial national, à la mémoire des soldats français et des supplétifs algériens tués
en Afrique du Nord de 1952 à 1962. Ce mémorial est l’œuvre de l’artiste Gérard
Collin-Thiébaut.

Comme celui-ci le déclarait à cette occasion «  les monuments aux morts sont des
relais du souvenir, et en un siècle leurs formes sont rentrées dans notre mémoire
collective : témoins de l’histoire, ils se dressent silencieux dans chaque commune,
érigés en hommage à ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie, donnant ainsi un sens à
la mort et entretenant le souvenir. »

Plus de soixante ans après le début de cette Guerre d’Algérie, qui fit des centaines de
milliers de morts et causa le départ vers la métropole de centaines de milliers de
rapatriés  et  de  harkis  coupés  de  leur  terre  natale,  l’heure  est  au  souvenir  et  au
recueillement.

Notre  politique  de  mémoire, je  le  rappelle,  vise  notamment  à  préserver  et  à
transmettre  aux  plus  jeunes  la  mémoire  et  les  valeurs  républicaines  des  anciens
combattants. Connaître le passé, sauvegarder l’héritage des aînés, c’est aussi une
manière d’apprendre à être citoyen.

Ce mémorial que nous venons d’inaugurer – et je voudrais à cet égard remercier tous
les promoteurs de ce projet et notamment monsieur Juif– est d’abord un hommage
pérenne aux 61 combattants du Territoire de Belfort, tombés au service de la nation.
61 combattants, issus de 21 communes du département. 61 tragédies personnelles que
nous nous remémorons aujourd’hui.

Derrière ce triste chiffre, se trouvent des hommes, de jeunes gens, aux parcours de vie
singuliers faits de joie et de peines mais rassemblés par une même fin tragique en une
même région du monde. Une région du monde, qui connut avec la France le meilleur
comme  le  pire,  les  liens  humains  et  la  fraternité,  des  combats  comme  les
déchirements.

Oui, l’Histoire  est  aussi  faite  de  guerres,  d’affrontements  aussi  douloureux  et
éprouvants soient-ils. Il faut savoir les surmonter, il faut savoir s’approprier cette
histoire qui est la nôtre pour ne pas diviser les peuples.

C’est ici tout l’enjeu de la mémoire, qui doit servir à apaiser et à rapprocher les
hommes dans l’Histoire qu’ils ont en partage.

« La paix des mémoires repose sur la connaissance et la divulgation de l’histoire.
Mais la nôtre est aussi une histoire humaine, car au-delà des blessures, au-delà des
deuils, demeure la relation exceptionnelle nouée entre les Français et les Algériens  »,
c’est ainsi que le Président de la République a rappelé les liens particuliers qui
unissent la France et l’Algérie lors de son allocution devant le Parlement algérien le
20 décembre 2012.

Ces conflits passés nous obligent aussi à la lucidité sans laquelle il n’y pas d’avenir
commun possible. Ce moment doit aussi être regardé avec justesse et responsabilité.

Enfin, cette cérémonie est une nouvelle occasion d’affirmer avec force les valeurs  de
notre République

La France, c’est la démocratie, la République, la liberté, l’égalité, la fraternité.

La liberté,  c’est la base de la démocratie. Croyances, cultures et différences y ont
toute leur place mais aucune ne peut prétendre s’imposer aux autres.

L’égalité,c’est l’égalité entre les hommes et les femmes, l’égalité des droits entre les
citoyens, l’égalité des devoirs. Aucune appartenance ethnique, religieuse, idéologique
ou autre ne peut remettre en cause le principe fondamental d’égalité.

Le respect conjoint de ces deux principes de liberté et d’égalité est la condition de
l’accès à cette valeur supérieure qu’est la fraternité.

La devise républicaine n’a pas été donnée ; elle a été conquise au fil de l’histoire de
notre pays, marquée par des combats pour faire prévaloir des idéaux.

Et la France, c’est aussi ce mélange subtil de dignité, d’unité et de refus de toute
forme de résignation et d’indifférence face à l’intolérance et au racisme.

La France n’est belle que lorsqu’elle est capable à la fois de regarder son Histoire et
de penser à son avenir.